Date de la randonnée : 16 octobre 2016

Difficulté : Très difficile 

Découvertes au 19ème siècle par Josémont Lauret, les sources du Bras Cabot étaient des émergences naturelles d'où sortait une eau pétillante. On y accédait autrefois par la Plaine des Palmistes en empruntant le mythique sentier des Sources du Bras Cabot traversant la sublime forêt primaire de l'îlet Patience. Le sentier rejoignait par la suite le Bras et débouchait non loin des fameuses sources. Un véritable petit commerce se mis en place autour de cette eau et quelques courageux porteurs n'hésitaient pas à faire jusqu'à deux aller-retour par jour, le dos chargé comme des mules, pour ramener le précieux liquide. Hélas, un éboulis détourna la rivière et obstrua les sources, le lieu tomba alors dans l'oubli, mais le sentier qui y menait continua d'être fréquenté par quelques randonneurs et pêcheurs amoureux de contrées sauvages. Un éboulis dans la descente vers le Bras obligea l'ONF à fermer provisoirement le sentier, une fermeture qui dure depuis plus de 10 ans maintenant !  Aujourd'hui, le sentier, totalement envahi de pestes dans la descente, tombe progressivement dans l'oubli, il est maintenant impossible de rejoindre le Bras Cabot par là à moins de s'acharner au sabre durant plusieurs jours où d'attendre une miraculeuse décision de l'ONF de remettre en état cet itinéraire. Si on souhaite vraiment y descendre, une seconde option existe : passer par la forêt de Bébour. Un sentier fut tracé et permettait jadis de rejoindre la Plaine des Palmiste quand celui des Sources du Bras Cabot était encore praticable, il emprunte la crête qui descend à pic vers la rivière et est emprunté de très rares fois par des équipes de canyonneurs avides de canyons peu connus. 

Je préviens tout de suite : cette sortie ne s'adresse absolument pas à tout le monde, le sentier emprunté ici est vertigineux, très étroit et très pentu par endroit. De plus, certaines portions sont très techniques et nécessitent le maximum d'attention, de très vieilles échelles sont en place et on ne sait pas combien de temps elles vont encore tenir ni combien de kilos elles sont encore capable de supporter dans l'état où elles sont. Il faut avoir un très bon sens de l'orientation car le cheminement en sous bois se fait plus à l'instinct qu'en suivant une véritable trace. Une corde est plus que recommandable pour un passage assez délicat. Bien estimer ses capacités avant de se lancer dans cette aventure. 

Je suis aujourd'hui accompagné de Ludovic, un amoureux de Takamaka et photographe  amateur passionné pour son île. Le rendez vous est donné au point de vue du cassé. Le sentier du cassé de Takamaka est un peu l'échauffement de la journée. Une heure est généralement suffisante pour rejoindre le point de vue si on marche d'un bon pas. On traverse la forêt primaire en appréciant le chant des oiseaux forestiers et la douce lumière matinale sur le rempart de l'îlet patience. Le sentier est boueux voir très par endroit, mais il est généralement possible d'éviter les parties les plus grasses. Il est toujours en pente faible jusqu'au cassé. Le bruit du vent dans le rempart est le signe que l'arrivée est proche. 

Le Bras Cabot depuis la route forestière de BébourLe Bras Cabot depuis la route forestière de BébourLe Bras Cabot depuis la route forestière de Bébour

La vue au cassé est magnifique ! L'usine de Takamaka est visible au loin tout comme la fenêtre de Grand Étang. Les rayons du soleil n'ont pas encore atteint le fond de la vallée mais le temps de descendre et ça sera chose faite. Un coup d’œil vers le bas et on peut prendre conscience du dénivelé à parcourir. Une fois l'équipe au complet, soit deux pour aujourd'hui, nous rejoignons le départ du sentier. A partir du point de vue il faut remonter une dizaine de mètres, le sentier se trouve sur la droite, il est assez visible. 

La pente s'accentue, on arrive vite fait à la première échelle brisée à plusieurs endroits, inutile de vouloir l'utiliser il faut la contourner en s'agrippant aux racines. La trace descend de plus en plus, les trois échelles qui suivent tiennent encore le coup mais il faut faire très attention et être le plus délicat possible. La première partie est assez bien végétalisée mais au fur et à mesure de l'avancée les trouées se multiplient et le vide se fait plus présent. On arrive à un passage assez délicat, nous installons une corde pour descendre plus facilement, l'échelle qui permettait jadis de franchir ce petit ressaut est éparpillée en plusieurs morceaux. La descente ne faiblit pas, plus loin c'est une barre rocheuse qu'il faut longer par la gauche où encore une portion d'une quarantaine de centimètres de large qu'il faut aborder. La progression est lente et délicate mais pas si extrême quand on à l'habitude. Pour sortir de la crête, il faut emprunter la dernière échelle qui tient encore et qui se situe sur la droite d'un passage très délicat où il faut s'accrocher à tout ce qu'on a sous la main. 

Le sentier et les vues sur l'arrête.Le sentier et les vues sur l'arrête.Le sentier et les vues sur l'arrête.
Le sentier et les vues sur l'arrête.Le sentier et les vues sur l'arrête.Le sentier et les vues sur l'arrête.

Le sentier et les vues sur l'arrête.

Un fois la dernière échelle passée, le sentier continu sur une dizaine de mètres avant de disparaître progressivement, il faut être alors très attentif pour ne pas perdre la très légère trace qui descend presque tout droit. On chemine en sous bois dans une atmosphère très agréable, la pente est moyenne et la progression est assez facile. Le bruit de l'eau se fait alors plus fort, on arrive au niveau d'un discret croisement : à gauche le sentier descend dans les sabres marrons et rejoint le point de confluence entre le Bras Chanson et le Bras Cabot et à droite la sente permet de rejoindre l'amont du bassin du Bras Cabot (nous emprunterons cette sente tout à l'heure). Nous prenons donc à gauche et descendons jusqu'à la rivière. Le sentier débouche pile à droite du Bras Chanson lors de sa jonction avec le Bras Cabot. 

A droite le bassin du Bras Cabot et sa sublime petite cascade. Dommage pour nous la baignade ne sera pas possible aujourd'hui car le bassin est entièrement comblé par des pierres. A gauche, il faut remonter le Bras Chanson sur une centaine de mètres pour pouvoir contempler sa merveilleuse cascade et son beau bassin. 

Le Bras Cabot depuis la route forestière de BébourLe Bras Cabot depuis la route forestière de BébourLe Bras Cabot depuis la route forestière de Bébour

Le sentier venant de la Plaine des Palmistes débouchait, selon la carte, quelques part près du bassin du Bras Cabot, impossible aujourd'hui d'en deviner le départ tellement la végétation a repris ses droits. 

Nous descendons le Bras Cabot jusqu'à la prise d'eau EDF. L'ouvrage est de taille moyenne, comparable au captage du Bras Patience. Un tunnel domine le site, il achemine l'eau jusqu'à la rivière des Marsouins pour palier à la baisse de débit au barrage Gingembre causé par la présence du barrage des Hirondelles en amont. L'eau est restituée entre les cascades du Trou et Cimetière sur le cour de la rivière des Marsouins. Au pied de l'ouvrage on peut admirer un magnifique bassin. Continuer vers l'aval sera pour une autre fois. Nous remontons donc jusqu'à la confluence et jusqu'au croisement vu plus tôt. 

La descente vers le captage du Bras CabotLa descente vers le captage du Bras CabotLa descente vers le captage du Bras Cabot
La descente vers le captage du Bras CabotLa descente vers le captage du Bras CabotLa descente vers le captage du Bras Cabot

La descente vers le captage du Bras Cabot

Au croisement nous prenons donc à gauche dans le sens de la montée. La trace se place très vite en bordure de falaise juste en dessus du bassin du Bras Cabot. Elle descend en forte pente et atteint l'amont de la cascade. De là, après un petite pause, nous remontons le Bras Cabot jusqu'à la confluence avec le Bras Tabac. Le cheminement n'est pas très difficile, on zigzague de rive en rive suivant les possibilités de passage. Au point de confluence on a le choix entre une remontée très facile du Bras Cabot à gauche et une autre beaucoup plus sportive sur le cour du Bras Tabac à droite. 

Le Bras Cabot depuis la route forestière de BébourLe Bras Cabot depuis la route forestière de BébourLe Bras Cabot depuis la route forestière de Bébour

Nous prenons tout d'abord à gauche. Le lit de la rivière est recouvert de pierrailles qui facilitent grandement la progression. Il a dû y avoir un éboulis un peu plus haut et tout ces matériaux ont dû être charrié lors des dernières intempéries. En un rien de temps nous arrivons au pied d'une sublime cascade, elle ressemble fortement au Mini Trou de Fer sur le cour de la rivière des Marsouins. L'endroit est magnifique. Les vertigineux remparts nous renseignent sur le fait qu'il est impossible de continuer plus haut à pied. Le temps de prendre les photos et d'admirer bien comme il faut cette merveille que nous retournons au point de confluence et entamons la remontée du Bras Tabac. 

D'emblée la progression est beaucoup plus technique. Les blocs sont de taille vénérable, il faut d'avantage sauter et escalader les rochers. Les roches chauffées par le soleil rendent la progression pénible, heureusement que la rivière est juste à côté et que les nombreux passages dans l'eau rafraîchissent le corps. Nous arrivons au pied d'une cascade de taille moyenne, elle était visible depuis l'arrête, il est impossible de remonter plus haut. La chute d'eau n'a rien à voir avec la précédente mais c'est une petite fierté d'arriver là. L'endroit est propice à la pause et à la contemplation. On peut déjà jeter un coup d’œil sur l'arrête et prendre conscience de ce qu'il faut remonter ! 

La remontée du Bras Cabot et du Bras TabacLa remontée du Bras Cabot et du Bras Tabac
La remontée du Bras Cabot et du Bras TabacLa remontée du Bras Cabot et du Bras Tabac

La remontée du Bras Cabot et du Bras Tabac

Il est temps de remonter. La descente du Bras prend beaucoup moins de temps que la remontée et tant mieux. Nous regagnons le haut du bassin du Bras Cabot, une pause est la bienvenue avant d'entamer la longue remontée jusqu'au point de vue du cassé. 

Après cette pause bien méritée, nous attaquons le retour, une belle grimpette ! L'arrivée au cassé est une délivrance, le retour au parking la finition ! 

Le Bras Cabot depuis la route forestière de BébourLe Bras Cabot depuis la route forestière de Bébour
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